Archive pour décembre 2007

Manufactured Landscapes

Jeudi 27 décembre 2007

Sous le prétexte d’un documentaire esthétique, témoignage des ravages de la société de consommation moderne sur notre environnement, Jennifer Baichwal (réalisatrice ) et Edward Burtynsky (Photographe) nous démontrent comme si nous l’ignorions encore qu’à ceux-ci viennent s’ajouter ceux de la -bien pauvre- condition humaine.

Manufactured LandscapesUn voyage donc d’une heure trente aux pays des classes laborieuses qui comme il y a mille ans n’ont que peu d’espoirs de passer plus de trente années sur cette terre faut de conditions de travail descentes, de suffisamment de subsistances, d’un maigre espoir pour leur famille, bref encore moins que pas grand chose.

Mon propos n’est pas ici de dénoncer ces dérives du capitalisme qui perdurent depuis 3 siècles en occident et qui déferlent aujourd’hui sur l’Asie, mais d’émettre le modeste espoir que, un jour prochain, au delà de la « User approach » et autre « User Centered Design », nous mettions autant d’énergies, de convictions et de passion à nous faire les apôtres de la « Human Approach » et autre « Earth Centered Design ».

J’ai effectivement l’optimisme de croire qu’après la « Customer Approach », jalon du marketing du 20ème siècle, nous soyons aujourd’hui les témoins d’une vision orientée vers le « bien être » des utilisateurs, et donc que rien ne nous interdise d’ici moins d’un siècle je l’espère, d’aller au delà des considérations de clientèle puis d’usage pour parvenir à celle bien plus essentielle d’humanité.

Pour cela, il nous faudra des outils et là encore je me veux optimiste. Je verrais bien dans ce « Earth Centered Design » qui n’est autre, derrière cette dénomination trendy, qu’un idéal écologique d’une conception centrée, « au service » de notre terre.

Vision utopiste et naïve, peut-être mais comme la plupart d’entre nous, je me refuse de croire que nous ne serons dans le futur que de simples et impersonnels petits robots programmés à « designer » des paysages auxquels de jour en jour nous gommons l’humanité, la vie.

To drop or not to drop: desktop metaphors in Web

Vendredi 21 décembre 2007

Blundering blogger, a storyd
For my small personal blog I use Blogger. It looks as if Blogger wanted to offer a very basic-looking tool, which would not scare off an average user. I have chosen it for its pleasant no-nonsense appearance. That I am an interaction designer does not mean that I am a fan of the coolest looking cutting-edge technology. In fact, the coolest looking cutting edge technology leaves me indifferent.

In Blogger you click on links to open edit windows, you have reassuringly big buttons. One day I wanted to fiddle with the template and found my text boxes suddenly in wrong order. I looked for ‘Move up’ or ‘Down’ buttons, but did not find any. In cold sweat I actually considered removing all the boxes and stacking them up again in the correct order, which would mean retyping everything they contained because ‘copy and paste’ would not work, for some reason, and I even did not expect it to work. Then I glanced at the top of the page and saw the words ‘Drag-n-drop the page elements to rearrange your blog’.

Remember your first user test? Users never read help messages, especially on top.

The user is a fish in a bowl…
Reflecting on this user experience from the user experience specialist’s point of view, I am surely not the first to be misguided by the fusion of desktop and web metaphors. We were trained by Web 1.0 not to expect anything fancy in terms of interaction. As a Web 1.0 user you were glad finding the information you needed. Now you can build things yourself, with the result that Desktop metaphors go Web.

Consider the paradigm shift. In your desktop environment your are in your own fish bowl where you can safely drag-n-drop things wherever you like. When you are on the internet you are ‘out there’, in strange open waters. How does it feel to drag-n-drop something in this ocean? What if you dropped it off the page? What if you dropped it on your desktop and it stayed there? Would this break your fish bowl open and would the big ocean come pouring in? The expert users know that nothing bad will happen, but picture your grandmother, the one who worries that her documents are gone if they are moved from the desktop into a folder. When people are confronted with something they do not expect in that particular place it pushes them to look for safer ways of dealing with the situation. It is a feeling, a behavioral pattern. How often did you close a webpage displaying a PDF document, as you would with a document on your desktop once you were done, loosing the whole navigation back? I still do. The ocean comes pouring in, but I keep swimming circles.

…so feed him
When no clues are provided about the mere possibility of drag-n-drop and no visible alternatives, many users quit or start doing unnecessary things. If we are bringing desktop interaction metaphors to the Web, we should give users like me a hint of the fancy interaction mechanisms lying in wait where they are conditioned not to expect them. A hint, and more than a message on top.

Related reading:
Minimizing Usability Risks in Web Applications
When to use drag & drop (some informal research results)

Iphone, objet de dé(plai)sir

Mercredi 12 décembre 2007

Drôle de jeu de mot au sujet d’un objet qui depuis presque un an fait couler beaucoup d’encre. Iphone, objet de désir ? objet de plaisir ? voire de déplaisir ?

Des gens de mon entourage me posent encore la redoutée question qui nourrit les blogs et forums du monde entier : « Qu’est ce que ce truc qui vaut un fortune a de plus que les autres ? »
Les fonctionnalités ? non il en a moins au contraire
La disponibilité ? non, son réseau de distribution est limité à un opérateur
Son design ? certes il est élégant mais pas révolutionnaire dans la gamme Apple (IpodTouch)
Sa facilité d’utilisation ? oui, un peu mais rien de parfaitement intuitif et de « jamais vu ».

Alors quoi ? J’ai pendant quelques temps essayé d’argumenter autour de l’interface tactile, de sa culture chez Apple, et que ce n’était pas pareil chez Microsoft, et ceci et cela. Bref que des arguments de designer passionné et finalement peu convaincants.

Et puis finalement à découvrir le bonheur de certains à attendre l’objet, à le désirer, puis tout le plaisir qu’il en retirent à l’utiliser, je me demande si nous ne nous trouvons pas devant le parfait exemple de l’objet de dé(plai)sir : entendre bien sûr désir+plaisir.

Le téléphone à lui tout seul est déjà un « Device » objet de toutes nos attirances, comme l’ordinateur personnel l’a été dans les années 80, la télé dans les années 60, l’automobile à partir des années 30, le cocarde révolutionnaire au 18è siècle, la main de l’artiste à la renaissance… c’est notre lien social contemporain.

Apple a sublimé le lien social des ados-adultes qu’il avait lui même créé, l’Ipod, pour le transposer dans un objet universel, le téléphone portable.
Aujourd’hui plus que jamais nous désirons, voir même nous ne vivons que par ce lien social (web 2.0) car il est source de tant de plaisirs.

Il y a quelques semaines, JL FRECHIN rebondissait sur le World Usability Day et proposait un World DESIRABILITY Day. Ironiquement et intelligemment il traduisait ce que nous recherchons tous : à rendre les interfaces encore plus désirables qu’elle ne sont utiles et utilisables.
Je nous souhaite pour cette nouvelle année 2008 d’oeuvrer en ce sens et de se donner rendez-vous au World Usability Day 2008 pour voir ce que nous aurons fait d’aussi désirable que l’Iphone.

Pour finir, l’Iphone est-il un objet de déplaisir ? Oui, pour moi tant que je n’aurais pas mis fin à mon abonnement téléphonique chez un concurrent et aurait pressé une belle Orange tout comme il y 15 ans l’envie m’a fait croquer la pomme…