Iphone, objet de dé(plai)sir

Drôle de jeu de mot au sujet d’un objet qui depuis presque un an fait couler beaucoup d’encre. Iphone, objet de désir ? objet de plaisir ? voire de déplaisir ?

Des gens de mon entourage me posent encore la redoutée question qui nourrit les blogs et forums du monde entier : « Qu’est ce que ce truc qui vaut un fortune a de plus que les autres ? »
Les fonctionnalités ? non il en a moins au contraire
La disponibilité ? non, son réseau de distribution est limité à un opérateur
Son design ? certes il est élégant mais pas révolutionnaire dans la gamme Apple (IpodTouch)
Sa facilité d’utilisation ? oui, un peu mais rien de parfaitement intuitif et de « jamais vu ».

Alors quoi ? J’ai pendant quelques temps essayé d’argumenter autour de l’interface tactile, de sa culture chez Apple, et que ce n’était pas pareil chez Microsoft, et ceci et cela. Bref que des arguments de designer passionné et finalement peu convaincants.

Et puis finalement à découvrir le bonheur de certains à attendre l’objet, à le désirer, puis tout le plaisir qu’il en retirent à l’utiliser, je me demande si nous ne nous trouvons pas devant le parfait exemple de l’objet de dé(plai)sir : entendre bien sûr désir+plaisir.

Le téléphone à lui tout seul est déjà un « Device » objet de toutes nos attirances, comme l’ordinateur personnel l’a été dans les années 80, la télé dans les années 60, l’automobile à partir des années 30, le cocarde révolutionnaire au 18è siècle, la main de l’artiste à la renaissance… c’est notre lien social contemporain.

Apple a sublimé le lien social des ados-adultes qu’il avait lui même créé, l’Ipod, pour le transposer dans un objet universel, le téléphone portable.
Aujourd’hui plus que jamais nous désirons, voir même nous ne vivons que par ce lien social (web 2.0) car il est source de tant de plaisirs.

Il y a quelques semaines, JL FRECHIN rebondissait sur le World Usability Day et proposait un World DESIRABILITY Day. Ironiquement et intelligemment il traduisait ce que nous recherchons tous : à rendre les interfaces encore plus désirables qu’elle ne sont utiles et utilisables.
Je nous souhaite pour cette nouvelle année 2008 d’oeuvrer en ce sens et de se donner rendez-vous au World Usability Day 2008 pour voir ce que nous aurons fait d’aussi désirable que l’Iphone.

Pour finir, l’Iphone est-il un objet de déplaisir ? Oui, pour moi tant que je n’aurais pas mis fin à mon abonnement téléphonique chez un concurrent et aurait pressé une belle Orange tout comme il y 15 ans l’envie m’a fait croquer la pomme…

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