Eteindre les télévisions… 1/2

Grand lecteur de science fiction dans ma jeunesse, et constatant à l’époque le peu d’innovations présente dans mon quotidien, je me suis un jour demandé si cette « fiction » ne demeurerait pas à jamais réservé à des étagères de bibliothèques remplies de mots imprimés sur des feuilles blanches. Les ouvrages d’Asimov, K.Dick et autres Gibson semblaient effectivement à des années lumières de la réalité des années 80.



Les images même apparemment familières de rues de grandes métropoles imaginaires que Ridley Scott (metteur en scène) et Sid Mead (designer) avaient tenté d’illustrer dans Blade Runner ne parvenait décidément pas à réduire la part de fiction de cette science. A mes yeux et à ma modeste culture, elle n’avait rien de concret et cela en était fort engageant pour mon imaginaire mais tout aussi frustrant face à mon désir de voir mon monde changer.







Or, en cette année 2008, par bien des signes (numérique, Internet, biotech, nanotech) on peut prendre conscience que ces changements sont à leurs prémices. Loin de moi l’idée de tous les énumérer ici, mais un seul est ,je trouve, particulièrement révélateur : les écrans plats qui envahissent nos maisons, nos bureaux, nos rues…



Rappelez-vous ces villes de science fiction, mégalopoles mixant New-York et Tokyo où chaque mur, intérieur ou extérieur diffuse une information, un message, une publicité. Maintenant regardez aujourd’hui autour de vous, dans un bar, à la gare, dans le hall d’une tour de bureau, dans votre salon, dans une pharmacie, dans le bus ou certains metros… Quel mur n’a pas aujourd’hui son écran plat ?



A Los Angeles, un magnat de l’immobilier est tout décidé à rendre réel les croquis de Sid Mead en intégrant des murs d’écrans LCD sur les façades d’immeubles de la ville. Premier signe d’une science fiction qui nous rattrape ? Simple évolution technologique des peintures murales de réclames des immeubles du siècle dernier ?



A suivre…

Un commentaire pour “Eteindre les télévisions… 1/2”

  1. Clement dit :

    En rédigeant mon mémoire de fin d’étude, je voulais décrire une situation qui m’avait particulièrement marqué en arrivant à Hong Kong : la ressemblance troublante avec le Los Angeles de Blade Runner.
    C’est comme la fin d’une boucle en réalité : Sid Mead s’est inspiré de Metropolis de Fritz Lang, qui lui même s’est inspiré de sa visite de New York dans les années 20…

    Après se demander si la science fiction nous rattrape? Je reste assez pessimiste sur cette idée et préfère emprunter le point de vue de K.Dick qui disait que la SF lui servait à parler du présent…

    A ce propos, le DVD version final de Blade Runner est excellent, notamment le documentaire de 2 heures sur le film.